Les Pays de Savoie s’approchent du plein emploi

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Si le nombre de demandeurs d’emplois a augmenté en Savoie et Haute-Savoie au deuxième trimestre 2018, comme partout en France, les Pays de Savoie demeurent globalement parmi les très bons élèves de l’Hexagone.

En avril-mai-juin l’évolution du chômage a ainsi été plus forte en Savoie (+1,7%) qu’en Haute-Savoie (+0,4%), selon Pôle emploi, la tendance enregistrée sur un an s’inverse néanmoins entre les deux départements (+0,1% en Savoie, +2,4% en Haute-Savoie). En France métropolitaine l’évolution du nombre de demandeurs d’emplois au deuxième trimestre 2018 n’était, elle, que de +0,1% (+1,4% sur un an) et en région Auvergne-Rhône-Alpes de +0,4% (+1,6% sur un an).

Les taux de chômage des deux départements savoyards demeurent en-deçà des moyennes régionales et nationales, selon l’Insee : 6,6% en Haute-Savoie et 6,8% en Savoie au premier trimestre 2018, contre respectivement 7,9% en région Aura et 9,2 % dans la France entière.

Le taux d’emploi (71,4% en Haute-Savoie, 69,3% en Savoie) est par ailleurs très élevé (il n’est respectivement que de 65,8% dans la région et de 63,7% en France) signe que l’on s’approche du plein emploi.

Conséquences : un déficit de plus en plus tendu de main-d’œuvre, et des difficultés pour les entreprises à recruter notamment des cadres. Et ce alors même que la Haute-Savoie s’affirme comme un des départements les plus dynamiques de France sur le plan démographique, avec un taux de croissance annuel moyen de sa population de + 1,5 % entre 2010 et 2015.

L’attrait de la Suisse pour l’emploi frontalier (environ 173 000 frontaliers français travaillent en Suisse dont 83 000 dans le seul canton de Genève selon le groupement transfrontalier européen ) contrecarre cependant ce dynamisme, et ce quand bien même cet emploi frontalier est en recul. Le marché des frontaliers, pour l’essentiel des Hauts-Savoyards travaillant à Genève, est ainsi en baisse pour la première fois depuis dix ans avec 4000 permis de travail frontalier en moins en 2017 selon Michel Charrat, président du groupement transfrontalier européen.

Une tendance qui pourrait se confirmer avec l’entrée en vigueur de la préférence indigène au 1er juillet 2018 dans la Confédération helvétique. Concrètement la Suisse donne désormais la priorité aux chômeurs locaux dans des métiers où il y a de potentielles réserves de main-d’œuvre (bâtiment, restauration, horlogerie). Ce qui devrait inciter les frontaliers à rester en France pour chercher des emplois.

Reste que le taux de chômage en Suisse étant stable à un niveau historiquement bas (2,4 %) et la croissance économique plutôt solide (2,4 % prévus en 2018, 2 % en 2019) on peut douter raisonnablement de cet impact sur l’emploi frontalier avec pour conséquence le maintien des  difficultés de recrutement pour les entreprises en France. En avril 2018 la moitié ou plus des employeurs de Savoie (47%) et de Haute-Savoie (57 %) jugeaient ainsi avoir du mal à recruter affirme Pôle emploi.

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