Idealp défend le patrimoine industriel savoyard

 Dans Savoyard de coeur

Le groupe d’Albertville a tenu ses engagements : en l’espace de vingt ans il a su pérenniser un savoir-faire industriel unique en préservant le patrimoine de la filature Arpin. Et innover dans le haut de gamme avec des skis technologiques et des vêtements techniques.

« Je suis un commercial, un homme de marques et j’aime travailler dans des entreprises à tailles humaines qui investissent et produisent en France. » Eric Forestier est comblé. Ce Lyonnais d’origine, bientôt quinquagénaire, dirige en effet depuis dix-huit mois le groupe Idealp Sport basé à Albertville. Un ensemble composé par l’homme d’affaires Jean-Philippe Caille, passionné de montagne, qui a su agréger en presque vingt ans quelques fleurons du savoir-faire à la française. Au cœur du dispositif, la filature Arpin : pièce maîtresse du patrimoine savoyard, cette entreprise de Séez-Saint-Bernard a fêté ses deux cents ans d’existence l’an passé. Dans ses ateliers, quelques machines ancestrales lui permettent de tisser le fragile fil de laine dans le respect de la tradition du drap de Bonneval. « Nous achetons notre laine d’alpage en France et nous tissons en Savoie des produits haut de gamme », se félicite Eric Forestier.

Le groupe qu’il dirige emploie 46 personnes dont 14 à la filature, réalise un chiffre d’affaires de plus de 10 millions d’euros avec 6% de croissance annuelle et possède cinq marques de luxe emblématiques des Savoie : décoration (tissus Arpin), prêt à porter, vêtements et matériels de ski (Arpin, Henri Duvillard, Degré7, Skis Lacroix) sans oublier la relance récente des gourdes en aluminium de la marque Grand Tétras.

Promouvoir le savoir-faire savoyard

« Nous travaillons à l’ancienne, à façon, nous assurons le développement des produits, le stylisme, le modélisme, le prototypage et nous sous-traitons certaines fabrications du prêt-à-porter en France, en Italie, au Portugal, en Inde et en Chine, explique Eric Forestier. Les Skis Lacroix sont fabriqués, eux, à Saint-Pierre-de-Chartreuse dans l’Isère et en Slovénie. Nous sommes le dernier industriel français du ski et j’ai bon espoir d’implanter une presse à skis à Albertville. »

Autres projets : la création de boutiques et la volonté de développer le chiffre d’affaires du groupe, dans son ensemble, à l’export. « Nous sommes présents en Chine, en Corée, au Japon, au Canada, mais aussi en Europe, en Allemagne, en Autriche, en Suisse, en Belgique et au Royaume-Uni, confie Eric Forestier. Nous réalisons aujourd’hui 15 % de nos ventes à l’étranger, je voudrais que les ratios s’équilibrent à 50/50 d’ici 5 à 10 ans » affirme l’industriel tenace, engagé dans la promotion du savoir-faire hexagonal de luxe.

Confiant dans la potentialité des marques de son groupe, Eric Forestier veut également le rendre moins « hiver dépendant » en développant notamment des collections estivales dans le prêt-à-porter mais aussi dans l’équipement grâce à la marque Grand Tétras. « Nous allons élargir la gamme avec des gobelets en inox, des tee-shirt, du matériel de pique-nique et des boules de pétanque en partenariat avec la marque Obut, dans une logique de vintage frenchy et d’art de vivre à la française ».

Pour mener à bien ses projets Eric Forestier sait qu’il va devoir faire monter en compétences ses équipes en recrutant des personnes capables de s’adapter aux défis technologiques de l’innovation, pour les skis fabriqués par exemple en titanal (alliage d’aluminium, de zinc, de magnésium, de cuivre et de zirconium), et de la tradition, à la filature Arpin. « La transmission du savoir-faire est pour nous un véritable challenge » résume-t-il bien décidé à faire en sorte que l’entreprise célèbre un jour son tricentenaire.

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